L'Ordre du Phénix

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 une affaire de famille

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MessageSujet: une affaire de famille    Ven 18 Oct - 3:00

La troisième nuit venue, la foule qui encerclait château de Thorn était si immense que ses feux avaient atteint la rivière, formant une constellation de bûchers qui s’étendait à perte de vue.

« J’aurais pourtant juré que mes arbres à sandwichs auraient suffi à mettre fin à cette famine », grommela le roi Oswald Thorn. « C’est bien de la faim dont ils se plaignent, non ? »

Dribbin, conseiller du roi aux traits parcheminés, sentit sa gorge s’assécher d’un coup. Le roi n’hésitait pas à faire décapiter les porteurs de mauvaises nouvelles.

« Votre tentative visant à nourrir votre peuple en plantant de la viande, du fromage et du pain ne manquait pas de courage, Votre Majesté, mais c’est un autre problème qui les préoccupe aujourd’hui. Il y a eu un autre… euh… incident… impliquant votre… fils. »

« Quoi ? Mais comment a-t-il réussi à s’enfuir ? »

« Les gardes ne peuvent nous le dire, Votre Grandeur. Il semblerait qu’il leur ait arraché la langue avec ses dents avant de réduire le village de Pelcalice en cendres. Six cents âmes… C’est le cinquième village à subir ce terrible sort en quelques mois. »



Le visage d’Oswald blêmit. Il avait beau être le terrifiant « Roi Dément de Kryte », ces nouvelles lui glaçaient le sang.

« Les rumeurs parlent d’une femme… La tragédie de Pelcalice a attisé la colère de la plèbe. Le peuple craint que vous n’ayez perdu la tête… »

Le Roi Dément haussa un sourcil en direction de Dribbin.

« J’entends par là, Votre Magnificence, que le peuple craint que vos royales habitudes, on ne peut plus raisonnables, n’aient fait place à un carnage des plus barbares. »

« Où est mon fils ? »

« Dans la salle du trône, Votre Altesse. »

« Quel arrogant blanc-bec, soupira Oswald. Je m’en charge… Et tâchez de découvrir pourquoi mes arbres à sandwichs n’ont rien donné ! »

Dribbin s’inclina.

Oswald fit violemment irruption dans la majestueuse salle du trône et sa voix résonna dans l’immense salle ornée de dorures. « Si tu cherches l’affection d’une femme, Eddie, il faut prendre son père en otage, pas massacrer son village ! N’as-tu donc rien retenu de mes leçons ? »

Le prince Edrick Thorn était affalé sur le trône. C’était un jeune homme d’à peine vingt ans, à l’allure dégingandée, les cheveux en bataille, les yeux et les lèvres grimés de noir. Comme tous les nantis de son âge, son visage ne pouvait exprimer que deux sentiments : le mépris et la suffisance.

« Vous savez pourtant que je ne supporte pas que vous m’appeliez Eddie. Mon nom est Edrick, dit-il avec arrogance, Edrick le Prince Sanglant. »

« Par pitié ! Ce surnom est aussi ridicule que le précédent, quand tu voulais te faire appeler « Seigneur de la douleur ». Par ailleurs, tu n’es pas encore roi, que je sache ! Alors, descends de là ! »

« Il faut bien que je m’habitue aux attributs du pouvoir si je dois vous succéder un jour. » Edrick se redressa sur le trône en adressant un sourire en coin à son père. « Et puis, qui peut savoir quand son règne prendra fin ? »

« Pourquoi t’en es-tu pris à Pelcalice ? Tu aurais voulu faire enrager le peuple, que tu ne t’y serais pas pris autrement ! L’on ne tue que pour jouer de mauvais tours à autrui, mon petit. »



« C’est à vous que j’ai joué un mauvais tour… J’avais pourtant cru que vous apprécieriez cette farce. »

Oswald s’arrêta brusquement. « Qu’y a-t-il de si drôle à voir mes sujets essayer de prendre le château d’assaut ? »

« C’est moi qui les ai menés ici. Des années durant, vous vous êtes joués d’eux, vous les avez humiliés avec vos plaisanteries d’un goût douteux. C’était l’évidence même : une farce devait sceller la fin de votre règne et marquer mon accession au trône. J’ai utilisé votre réputation pour fomenter un petit coup d’État. »

Le roi Oswald poussa un râle de colère et se saisit du prince pour le tirer hors du trône. Le prince atterrit violemment sur le sol immaculé et Oswald se jeta sur lui. Pointant de l’index le visage grimé du jeune homme, il éructa :

« J’ai dépecé, brûlé, ébouillanté, embroché, brisé, vidé de leur sang, étripé, piétiné, gelé et catapulté mes sujets ! Mais je l’ai toujours fait dans le cadre de farces hilarantes. Une inondation dans la campagne ? J’ai cloué des échasses aux jambes des fermiers ! La pire tempête de neige du siècle ? J’ai lancé des boules de feu sur les villages afin qu’on n’y meure pas de froid. Je suis un véritable père pour mon peuple. Toi, il n’y a que le sang qui t’intéresse. Tu n’es pas digne de porter le nom de Thorn ! »

« Vous avez bientôt fini ? » Un sourire suffisant se dessina sur le visage d’Edrick. « Parce que je sais que la foule, elle, n’en a pas encore fini avec vous. Abdiquez et je ferai en sorte de les chasser… Mais si vous résistez, je vous tuerai de mes propres mains afin de les convaincre que c’est moi qui les ai sauvés du Roi Dément. Quoi qu’il advienne, le trône m’appartiendra à l’aube. Ils finiront par vous oublier. »

Oswald lâcha son fils et recula.

« C’est une offre des plus intéressantes, mon garçon. Je ne te croyais pas capable d’ourdir un tel plan. Donne-moi jusqu’au lever du soleil pour prendre ma décision. »

« Certainement pas, Père. Je connais vos ruses. »

« Accorde-moi un peu de temps. Ma crypte est remplie d’armes, des épées longues d’Ascalon qui ne s’émoussent jamais, une armure du soleil de la Grande dynastie… Tu devrais au moins voir ce dont tu vas hériter. »

Edrick saliva à cette idée. « Après vous, Père. »

Au moment d’entrer dans la crypte, Edrick s’attendait à être émerveillé par des armes et armures exotiques, mais il ne vit qu’une boîte métallique de la taille d’un homme, éclairée par la faible lueur d’une rangée de bougies.

« Tu es déçu ? demanda Oswald. Tu sais à présent ce que je ressens pour toi. »

« Vous m’avez eu ! »

« Tu as toujours été si facile à duper. J’ai malgré tout quelque chose pour toi. J’imagine que tu as entendu parler de cette boîte ? »

Une nouvelle expression se dessina sur le visage d’Edrick… la peur. « La Camisole. »

« C’est le nom que je lui avais donné ? Voilà qui est très décevant… Je vais devoir la rebaptiser. »



« Le dernier homme que vous y avez enfermé a dévoré son propre visage. »

« Très honnêtement, il était bien plus séduisant après ça. » Oswald se saisit de son fils et lui frappa violemment les genoux pour le mettre à terre. « J’ai horreur d’avoir à expliquer mes farces, mais je vais faire une exception… J’aurais déjà exécuté sur la place publique quiconque aurait proféré de telles menaces à mon encontre. Mais cela risquerait de te rendre encore plus célèbre… J’ai une punition bien plus cruelle en tête. »

« Je vais devenir fou là-dedans ! »

« Peut-être que cela fera de toi un Thorn digne de ce nom. Au fait, tiens, voilà ton repas d’adieu. » Oswald sortit une poignée de bonbons de sa poche et les fourra dans la bouche de son fils avant de le pousser dans le reliquaire et de refermer le couvercle. Le roi appela ensuite Dribbin, qui surgit dans la pièce, un grimoire poussiéreux à la main.

Le conseiller se mit à réciter une incantation et des chaînes enserrèrent la boîte. Quand il eut fini, on pouvait à peine distinguer le reliquaire.

« N’y touchez surtout pas sans gants, Votre Majesté », le prévint Dribbin. « Le sceau aspire l’énergie de quiconque entre en contact avec la boîte. Votre Gracieuse Majesté, je ne voudrais surtout pas remettre en question… »

« Envoyez-le à Istan », ordonna Oswald. « Zola, feue mon épouse, y possédait une île déserte. Que le soleil calcine le peu d’esprit qu’il reste à mon fils ! Au fait, Dribbin, dites à vos scribes de se rendre dans les archives et d’y effacer toute mention d’Edrick. »

« Sire, une telle tâche nécessite du temps et je crains que les portes ne cèdent avant que nous puissions l’accomplir. Les gardes et vos courtisans ont déjà pris la fuite. Nous sommes seuls et sans défense. »

Oswald se dressa de toute sa hauteur, menaçant. « Le Roi Dément a dit : même si ce château tombe, il ne doit rien rester de l’échec que fut mon fils ! »

À l’aube, Dribbin et ses scribes retrouvèrent le roi Oswald dans la salle du trône.

« Les archives ont été purgées, Votre Majesté. Votre fils n’a jamais existé. »

Oswald regarda la foule qui jaillissait des portes qui venaient de céder. Ce n’était qu’une question de temps.

Dribbin ajouta : « Si je ne m’abuse, les seules personnes qui savent ce qui est arrivé au prince Edrick se trouvent dans cette pièce. »

Le Roi Dément sourit. Il dégaina son épée et visa la gorge du conseiller.

« En voilà une drôle de coïncidence ! »

Le reliquaire d’Edrick n’arriva jamais à Istan. Une succession de seigneurs de guerre, de joueurs de cartes, de prêtres et de poètes entrèrent plus ou moins légalement en sa possession. Tous connurent un destin funeste. Les érudits de l’Académie de Nolani étudièrent la boîte jusqu’à ce qu’une guerre intestine anéantisse l’école tout entière.

Toujours entouré de chaînes, le reliquaire resta au milieu des débris pendant des années, jusqu’à ce qu’une ambitieuse érudite retrouve sa trace.

« Ça alors ! » s’exclama la magistrate Tassi en s’approchant. « Mais de quoi peut-il bien s’agir ? »


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MessageSujet: Re: une affaire de famille    Ven 18 Oct - 8:05

(Scotché! Très très bien!)

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Socrai
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MessageSujet: Re: une affaire de famille    Sam 19 Oct - 0:07

Merci anet mais trés bien de nous le faire partager la première fois e me suis dit pouah là y a du lourd quand même!!

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Les Asuras font peur, non seulement parce qu’ils ne parlent pas votre langue mais parce qu’ils ont d’autres coutumes et que vous ne comprenez pas sans un effort particulier sur vous même!!.
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